Gide-Allégret Imprimer Envoyer

FERNANDEZ Dominique, « La Correspondance Gide -Allégret. Un amour d'André Gide », Le Nouvel Observateur, n° 2165, semaine du jeudi 4 mai 2006.

Citation : « André Gide et Marc Allégret. 17 ans pour le jeune homme, 48 pour l'aîné, lorsque débute leur liaison. Les âges idéals pour un rapport mi-érotique mi-pédagogique. On croyait tout savoir sur Gide, mais voilà que s'ouvre un nouveau pan de sa vie. Le premier volume de la célèbre biographie de Claude Martin (dont la suite reste à paraître) s'arrêtait en 1911. Pierre Billard prend en quelque sorte le relais, dans son livre au champ plus étroit, mais fouillé avec une minutie et une intelligence exemplaires. De 1917 à la mort de l'écrivain, en 1951, nous saurons tout sur l'histoire du couple André-Marc, commencée dans la transe, prolongée dans le calme de l'amitié et de l'estime réciproques. [...] Gide a brièvement utilisé Marc pour ses plaisirs, puis l'a lancé sur sa voie propre, soucieux, selon sa coutume, de l'aider à s'accomplir, à s'épanouir dans sa direction personnelle, fût-elle opposée à celle qu'il avait souhaitée. Le jeune homme se détournera vite des milieux littéraires pour devenir metteur en scène de cinéma, un art que Gide n'apprécie guère, le jugeant inférieur [...]. Mais c'est en cela justement, par leurs divergences mêmes, que la relation des deux hommes et la Correspondance qui en est l'écho constituent un magnifique roman d'amour. »