Isabelle Imprimer Envoyer

IsabelleIsabelle, première publication en 1911.

Mon amour, voici ma dernière lettre...
Vite ces quelques mots encore, car je sais que ce soir je ne pourrai plus rien te dire ; mes lèvres, près de toi, ne sauront plus trouver que des baisers. Vite, pendant que je puis parler encore, écoute : Onze heures c'est trop tôt ; mieux vaut minuit. Tu sais que je meurs d'impatience et que je m'exténue, mais pour que je m'éveille à toi, il faut que toute la maison dorme. Oui, minuit ; pas avant.
Viens à ma rencontre jusqu'à la porte de la cuisine...

© Gallimard